Anggun à Desvres, 6 juillet 2006
Desvres, c'est à une centaine kilomètres de Lille, dans le Boulonnais. Le 30e Festival de la Côte d'Opale y accueillait Anggun ce jeudi 6 juillet. Malgré le travail, la distance et... la chaleur, j'ai fait le déplacement, trop curieux de voir et d'écouter la belle Indonésienne.
Ce genre de manifestation, dans une salle des sports municipale, rassemble un public plutôt hétéroclite : des touristes en vacances familiales sur nos belles plages de la Manche, des abonnés du festival, des gens du coin attirés par ce sursaut d'animation dans leur bourgade reculée, et... des fans d'Anggun, quand même !
Du coup, la température ne s'élève que lentement, au prix d'efforts appuyés de l'artiste et de ses musiciens pour entraîner les gens à taper dans les mains, à se lâcher un peu, quoi ! Ce n'est pourtant pas faute d'être mal entourée : Anggun est accompagnée par une formation rythmique très tonique : guitare, basse, batterie, claviers.
Et sur ces sonorités rock ou slow, Anggun laisse s'envoler sa voix fauve et câline, mauve et féline. D'une extrémité à l'autre de la scène, elle ondule et se cambre. De sa main agile, tour à tour, elle déploie un large éventail rouge et noir ou porte son micro aux lèvres.
Bref, tout est réuni pour vivre deux heures d'enchantement et de grâce, autour de ses premiers succès dont l'incontournable Neige au Sahara, d'une reprise des Histoires d'amour des Rita Mitsouko ou de la Javanaise de Gainsbourg, ou des titres de son dernier album, Luminescence : Cesse la pluie, ou encore Un de toi, où la jeune trentenaire parle de son désir de maternité.
Entre deux chansons, dans un français coloré par son léger accent indonésien, Anggun évoque aussi très bien son double rapport à sa culture d'origine et à celle de son pays d'élection. Le message est clair : nul ne choisit la maison où il naît, mais chacun doit pouvoir choisir sur la planète là où il construira sa propre maison. A bon entendeur...
Un bel instant, clôturé par une séance de dédicaces furtive mais sympathique, et qui ne laisse que le regret de ne pas l'avoir entendue reprendre Une île, qu'elle interprète avec Serge Lama sur Plurielles.
Posté le Sun, 09 Jul 2006 | | | Lien permanent

