Passagère apesanteur
Serge Lama, Sentiment Sexe Solitude"Il y a, par les soirs embrasés,
D'été, des milliers de baisers,
Qui zigzaguent à tire-d'aile,
On les nomme des hirondelles ;
Les vols fous qu'on les voit oser
Sur la peau des ciels médusés
Font dans nos yeux des étincelles ;
Puis la lourde nuit s'écrase et
Voici les étoiles cruelles..."
La chanson et la poésie livrent parfois en matière de sentiment amoureux des métaphores d'une étonnante beauté. Ainsi "l'amour est cerise" pour Jean Ferrat. De même dans ce poème, Serge Lama donne aux baisers le nom d'hirondelles. De fait, lèvres et hirondelles partagent les mêmes formes galbées et charnues, et l'hirondelle symbolise aussi la fidélité en amour. On songe en lisant ces vers à de jeunes tourtereaux éperdument épris, au paroxisme de leur passion (c'est "l'été"), qu'aucune déraison ("les vols fous"), aucune audace ("qu'on les voit oser" ; "ciels médusés") ne peut arrêter. En toile de fond, la couleur rougeoyante du crépuscule, les "étincelles" dans les yeux, de même que la proximité sonore du verbe "embraser" avec "embrasser", soulignent cet amour flamboyant. Mais la passion ne dure jamais. Et brutalement, dans les deux derniers vers, les hirondelles laissent place aux "étoiles cruelles", l'apesanteur à l'écrasement, la clarté à la nuit / l'ennui, et la fusion des lèvres à la solitude des âmes. Le tableau s'inverse brusquement dans une exacte symétrie : au présentatif initial "il y a" fait écho "voici" ; au rejet des deux premiers vers ("soirs embrasés / D'été") correspond le contre-rejet des deux derniers ( "Et / Voici les étoiles cruelles" ). Etoiles cruelles que même les points de suspension finaux fixent sur la page, comme une constellation organisée et figée à jamais, là où les hirondelles décrivaient leurs "zigzags" aléatoires et éphémères.
Posté le sam., 27 janv. 2007 | | | Lien permanent
Il est passé par ici...
... Il repassera par moi. Thomas m'envoie ce mème où il s'agit de révéler cinq détails peu connus à son sujet. En vrac :
- Je n'ai jamais fumé, même pas une tige pour essayer.
- Je suis tombé dans la Toile en 1996, mon premier FAI était Compuserve.
- Je peux rester des week-end entiers en pyjama.
- La première voiture potable que je me suis payée, c'était une 2CV6 rouge, déca-potable !
- Je parle un peu le lingala, l'une des langues du Congo.
Reste maintenant à déposer le mouchoir dans le dos de cinq autres copains de jeu. Et les nominés sont Vincent, Laurent, Pascal , Isabelle et les autres La journaliste alternative.
Posté le jeu., 25 janv. 2007 | | | Lien permanent
Education manuelle et sentimentale
Serge Lama, Sentiment Sexe Solitude"Sous ta courte jupe Courrèges
Je revois ta main s'activant
Et mon regard pris dans le piège
De ces attouchements savants
Qu'on n'apprend pas dans les collèges
Mais dans les pensionnats souvent"
D'entrée s'affiche dans ce sizain un rapport de séduction : roucoulades dans les sonorités en [ou] et en [r] ; jeu de course et de jupon (Courrèges / courais-je). Mais c'est d'un jeu raffiné, de haute couture dont ici il est question. On entre alors dans une opposition entre une rime féminine [-ège] et une autre masculine [-vant]. Elle dont la main s'active, les yeux fermés probablement ; Lui dont les yeux sont pris au piège, "captivés", pieds et poings liés qui sait ? Regards coupables et impuissants devant des gestes experts et innocents. Car elle seule sait les chemins de ces attouchements, qu'à n'en pas douter elle a appris à quinze ans ou seize, par un soir très lourd de septembre
(Les Pensionnaires, Verlaine, Parallèlement). Eveil des sens et des sentiments, que l'Ecole et sa morale le jour en son sein réprime, mais la nuit abandonne au silence de ses pensionnats, de Saint-Cloud à Fontenay-aux-Roses.
Posté le dim., 21 janv. 2007 | | | Lien permanent
Sur le chemin des dunes
Zuydcoote, 14 janvier 2007
Alain Souchon, Le baiser"Sur le chemin des dunes
La plage de Malo Bray-Dunes
La mer du Nord en hiver
Sortait ses éléphants gris vert
Des Adamo passaient bien couverts
Donnant à la plage son caractère
Naïf et sincère"
Posté le mer., 17 janv. 2007 | | | Lien permanent

