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<title>Notes, entrenotes</title> 
<link>http://gral.ovh.org/blog/</link> 
<lastBuildDate>Tue, 6 Nov 2007 18:28:01 +0100</lastBuildDate>
<description>Chanson francophone, langues et langage, Afrique, web, internet  ... et autres choses du temps qui passe. Par Gral.</description> 
<language>fr-fr</language> 


 
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<title>Renan Luce au Zénith de Lille, 21 avril 2008</title> 
<link>http://gral.ovh.org/blog/</link>
<pubDate>Tue, 22 Apr 2008 21:52:15 +0100</pubDate>
<description><![CDATA[ <a id="BlogID30" name="BlogID30"></a><p><img src="media/100_4259.JPG" width="500" height="375" /></p>

<p>J'aurais préféré applaudir Renan Luce au théâtre Sébastopol la veille, mais c'était complet. Le son au Zénith est plus métallique, l'ambiance moins fusionnelle : en bas, ceux qui se trémoussent debout, portable photo au bout des doigts ; en haut ceux qui comme moi préfèrent être assis, même sur un siège en bois, main dans la main avec leur douce complice. Renan Luce est carrément multigénérationnel, c'est ce qui fait en grande partie son succès. Héritier de Brassens dont il perpétue l'écriture ciselée, poétique et mordante, tout autant que mascotte des 15-25 ans accros aux Converse et à NRJ. Du coup, le son live est plus rock que sur l'album, la voix s'efface souvent derrière la rythmique guitares - batterie. Mais le bonhomme recèle une énergie folle, salutaire, communicative, et on se laisse ainsi vite emporter par l'ambiance. Bref, un bon moment. J'attends avec impatience le 2e album, puis les suivants...</p>

 ]]></description> 
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</item> 
 
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<title>Katie Melua, live au Colysée de Roubaix</title> 
<link>http://gral.ovh.org/blog/</link>
<pubDate>Sun, 30 Mar 2008 22:40:41 +0100</pubDate>
<description><![CDATA[ <a id="BlogID29" name="BlogID29"></a><p><img src="media/katiemelua_eric.jpg" alt="Katie Melua" class="illustration"/>Merveilleux moment que le spectacle de Katie Melua hier soir, au Colysée de Roubaix. Le concert commence par quelques titres qu'elle interprète seule à la guitare puis au piano. Puis derrière un superbe jeu de cinq écrans apparaissent ses six musiciens, qui l'emportent alors dans une série de chansons pop-rock ou blues.</p>

<p>La voix claire et puissante de l'artiste emplit tout l'espace. Les éclairages, les jeux d'écrans donnent à la musique un éclat et une couleur incomparables. Les chansons de Katie Melua tissent un univers poétique et mélancolique, qui me rappelle parfois Leonard Cohen. Ma préférée reste et demeure assurément <cite>Spider's web</cite> :</p>

<blockquote lang="en"><p>The piano keys are black and white<br />
But they sound like a million colours in your mind</p></blockquote>

<p>Un bonheur partagé avec une salle archicomble. Déjà quelques échos et quelques photos dans les blogs d'autres spectateurs : <a href="http://ironheart59.blogspot.com/2008/03/katie-melua-concert-et-interview.html">ici</a>, ou <a href="http://zebcbi1.free.fr/?p=274">là</a>.</p> ]]></description> 
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<title>Renan Luce, La lettre</title> 
<link>http://gral.ovh.org/blog/</link>
<pubDate>Wed, 12 Mar 2008 23:22:50 +0100</pubDate>
<description><![CDATA[ <a id="BlogID28" name="BlogID28"></a><p>La première fois où j'ai entendu <cite>La lettre</cite> de Renan Luce sur la bande FM, j'ai instantanément été touché par cette petite histoire, "naïve et sincère" comme dirait Souchon que Luce doit certainement citer parmi ses maîtres.</p>

<p>Une histoire naïve, d'amours naissantes et adu-lescentes entre un "homme" qui aime "bien ce genre de jeux" et une "petite ingénue" qui commet encore "quelques fautes d'orthographe" et joue puérilement au chantage au suicide !</p>

<p>Mais cette histoire d'amour est le produit d'une erreur du quotidien, d'un hasard, d'une "maladresse de facteur". Mal-"adresse" pourrait-on écrire en la circonstance ! Cette erreur fatale gravite autour de la lettre, de l'objet-lettre, d'un objet manufacturé ("courbes manuscrites") à qui la chanson confère une véritable matérialité : tactile (fallait-il "l'ouvrir cette lettre"), olfactive ("aspergée de parfum"), gustative (marques de "rouge à lèvres carmin"), orthographique ("sur le haut de ses i" ; "comme dans les abbayes" : A-B-I) et graphique ( "jolies marguerites, courbes manuscrites"). Au point que l'objet est quasiment l'incarnation de cette "petite blonde sexy" qui en est la signataire.</p>

<p>Au moment où cette lettre tombe dans sa boîte, le protagoniste se trouve ainsi à la croisée de deux possibles. Il hésite, se demande s'il "aurai[t] dû cette lettre / Ne pas l'ouvrir peut-être". Faut-il raisonnablement redresser le cours des choses en réacheminant ce courrier à son véritable destinataire ? Ou usurper et s'approprier cet objet de désir "carmin" au parfum féminin, et suivre l'aventure merveilleuse que cette missive annonce...?</p>

<p>Comment ne pas résister à la seconde alternative, quand on "aime ce genre de jeu" ? Comment ne pas se laisser basculer dans une vie inconnue : basculement que souligne habilement l'enjambement sur ces deux vers du refrain : "Qui aime bien ce genre de jeu / ...n'aime pas les nonnes".</p>

<p>On ne découvre qu'à la fin de l'histoire que l'ultimatum suicidaire posée par la jeune femme à son amant ne porte pas que sur leurs sentiments. L'épitre avait aussi et surtout pour "objet" de mettre l'amant au pied du mur, ici symboliquement au pied de la "falaise", de voir s'il assumera sa paternité au delà de ses "ébats".</p>

<p>Le héros ne le sait pas de prime abord. Mais pourtant dès le début de la chanson, des signes avant-coureurs nous annoncent cette paternité de substitution qu'il découvrira à la fin et acceptera spontanément d'endosser : l'évocation aléatoire de prénoms qu'elle pourra lui attribuer, "Alphonse ou Fred". Ou encore la symbolique de l'enveloppe qui recèle cette lettre "porteuse" d'une vie nouvelle, à rapprocher du ventre de la jeune femme qui porte son "petit habitant". Mais aussi les onomatopées qui ponctuent la fin de chaque refrain, "payapapa papayapa", autrement entendu : Y'a Papa !</p>

<p>Tout était donc "écrit" dès le début. L'issue de la chanson, la non-chute finale dans le vide confirme que le cours que cette lettre imprime à la vie du héros obéit aux lois de la fortune et de la nature.  La légèreté de sa nouvelle existence déjoue ainsi les lois de "Newton".</p>

<p>De même que Serge Lama chantait que "quelque soit celui qui fait germer la pomme / Le père pour l'enfant c'est celui qui est là / Qui caresse sa mère et qui lui tend les bras" (L'enfant d'un autre), Renan Luce rappelle dans cette histoire que la paternité n'est pas tant le "fruit" d'un rapport, mais bien davantage la construction patiente et merveilleuse d'une relation entre un père et <em>son</em> enfant.</p>


<p><cite>La lettre</cite>, Album <cite>Repenti</cite>, 2007, Paroles et musique : Renan Luce. Deezer propose une <a href="http://www.deezer.com/track/122954">écoute de cette chanson en streaming</a>. Visitez aussi le <a href="http://renanluce.artistes.universalmusic.fr/accueil.php">site officiel de Renan Luce</a>. Un grand talent !</p> ]]></description> 
<guid>http://gral.ovh.org/blog/index.htm#BlogID28</guid>
</item> 
 
<item> 
<title>Demain, la ville numérique</title> 
<link>http://gral.ovh.org/blog/</link>
<pubDate>Tue, 18 Dec 2007 12:58:57 +0100</pubDate>
<description><![CDATA[ <a id="BlogID27" name="BlogID27"></a><p>Martine Aubry, en précampagne électorale, invitait dernièrement les Lillois à la Maison de l'éducation permanente pour un cycle de rencontres autour de problématiques actuelles. L'annonce de la soirée du 12 décembre avait retenu ma curiosité : il y était question de la "ville numérique", et l'un des intervenants, Daniel Kaplan, est co-rédacteur d'un blog qui figure en bonne place depuis longtemps déjà dans mon agrégateur: <a href="http://www.internetactu.net/">InternetActu</a>.</p>

<p>Dans son intervention, Daniel Kaplan a rappelé tout d'abord que "ville numérique" et "ville minérale et charnelle" ne sont pas sur des plans séparés, mais s'imbriquent étroitement l'une dans l'autre. La première se dessine, se contrôle, innove numériquement. Il a dessiné ensuite les contours de ce que serait une "bonne ville" numérique :</p>

<ul>
<li>Une ville personnelle, familière et partagée. Imaginons par exemple des abribus dotés d'écrans qui délivrent une information locale sur le quartier où ils sont implantés</li>

<li>Une ville ouverte, participative, régulée. Daniel Kaplan fait ici référence aux blogs "citoyens" comme <a href="http://www.monputeaux.com/">MonPuteaux.com</a>, qui sont devenus de puissants moyens d'information locale, mais aussi parfois de redoutables contre-pouvoirs.... Il insiste aussi sur des dérives possibles, comme ces cartes de la criminologie établies par des citoyens eux-mêmes dans des villes américaines.</li>
<li>Une ville sûre et retenue. Il a été question ici de vidéosurveillance, dont il a également pointé les limites.</li>
<li>Une ville dynamique, sociale et durable</li>
</ul>

<p>Le nom de Philippe Lemoine m'était quant à lui inconnu, mais je ne tarderai pas à me procurer son dernier livre, <cite>La nouvelle origine</cite>, tant le propos de ce spécialiste des nouvelles technologies tout autant que de l'économie m'a "emballé".</p>

<p>Philippe Lemoine a commencé à tordre le cou à cette idée reçue qui veut que la France serait en retard en termes de nouvelles technologies, en montrant que sur le plan de l'utilisation personnelle, nous sommes plutôt en avance (haut débit, wifi, e-commerce, blogs, wikis), mais qu'en revanche nous accusons du retard dans l'informatique d'entreprise. Il a ensuite rappelé que les technologies numériques constituent effectivement une véritable tornade, mais une tornade qui bouge : les technologies utilisées aujourd"hui ne sont pas stabilisées.</p>

<p>En partant de l'opposition entre cité grecque et cité romaine, il a ensuite établi une différence entre <em>pouvoir</em> et <em>autorité</em>, en définissant l'autorité comme la capacité à oser, à <em>s'autoriser à</em> élaborer des choses nouvelles, et en envisageant comment les nouvelles technologies peuvent en l'occurence nous autoriser à rapprocher des mondés éloignés.</p>

<p>Alors, et si nous "osions" quelques pas de plus dans la création de villes numériques ? Un exemple me vient à l'idée : ma "bonne ville" de Lille est dotée d'une remarquable médiathèque. Celle-ci est implantée sur plusieurs sites (en gros un par quartier), mais cette multipolarité n'est en rien un inconvénient car la médiathèque dispose d'un <a href="http://www.bm-lille.fr/bmlille/bmlille.php">site web</a>. Sur ce site on peut, chez soi ou sur place, consulter le fonds documentaire de n'importe quelle antenne, réserver un ouvrage. C'est déjà une grande avancée, mais pourquoi ne pas imaginer que sur chaque fiche, les lecteurs puissent aussi déposer un commentaire sur l'ouvrage qu'ils ont lu, ou pointer vers un article qu'ils ont rédigé à ce sujet sur leur blog ? Ou encore, un peu à la manière des recommandations en usage sur <a href="http://www.amazon.fr/">Amazon</a>, pourquoi ne pas imaginer une fonction de recommandations du genre : "Les lectrices et  lecteurs qui ont emprunté cet ouvrage ont aussi emprunté..." ? Pourquoi ne pas imaginer, pour  celles et ceux qui le souhaitent, de se géolocaliser sur une carte de la ville ?</p>

<p>Bref, M. Lemoine, avec l'enthousiasme qui est le vôtre, vous avez apporté la preuve que l'internet est un outil prodigieux de rapprochement entre les citoyens, même si la fracture numérique est encore réelle en termes d'équipements. J'ai hâte de déflorer votre livre à présent. Grrr... on ne le trouve pas (encore ;-) à la bibliothèque de Lille !</p> ]]></description> 
<guid>http://gral.ovh.org/blog/index.htm#BlogID27</guid>
</item> 
 
<item> 
<title>L'Algérie, Serge Lama</title> 
<link>http://gral.ovh.org/blog/</link>
<pubDate>Mon, 12 Nov 2007 22:34:47 +0100</pubDate>
<description><![CDATA[ <a id="BlogID25" name="BlogID25"></a><p>Dès sa sortie en 1975, <cite>L'Algérie</cite> connut un large succès, avec près de 200.000 exemplaires vendus. C'est dire si cette chanson, treize ans après les Accords d'Evian, faisait écho dans le coeur du public à un épisode douloureux de la mémoire collective de notre pays. La perspective choisie par Serge Lama, mobilisé à l'âge de 19 ans à Hammaguir, est ici de raconter le souvenir de sa propre expérience d'une jeunesse meurtrie, d'un destin subi, pour une cause absurde.</p>

<p>Ce ne sont pas des hommes qui laissent femmes et enfants sur ce quai d'embarquement, mais des "garçons" d'à peine "vingt ans", arrachés à des premières amours juvéniles que leurs fiancées parfois ne tarderont pas à abréger, sous couvert de "mots menteurs". Pour le narrateur, c'est même l'occasion d'une "première fois", d'un premier voyage en bateau. Et cette expérience de jeunesse est avant tout collective. Chacun de ces garçons se confond dans un "nous" qui domine dans les deux premiers strophes et refrains, parmi des "milliers" d'autres compagnons de voyage. Ce n'est que dans la dernière partie de la chanson que le narrateur revendique pleinement sa première personne, et se pose en témoin particulier d'une Histoire qu'il souhaite raconter "à [ses] petits enfants", afin que cette jeunesse n'ait pas été sacrifiée en vain.</p>

<p>La chanson s'articule aussi sur une opposition forte entre ses couplets et ses refrains. Les trois couplets racontent le voyage angoissant, le passage d'un continent à l'autre. On quitte, avec "l'envie de pleurer", une "aurore légère" qui se lève sur ce quai dont on se détache dans une lenteur marquée par la répétition du verbe "s'éloigner", sur le rythme de marche à deux temps de la musique. C'est une "marche" inexorable, que rien ne peut arrêter. C'est un voyage forcé, à bord d'un "bateau prison" duquel il serait illusoire de vouloir s'échapper. C'est un destin subi, "dont on ne voulait pas", et devant lequel "certains n'ont pas pu s'empêcher de pleurer". Un départ pour un "au-delà" : ce passage pour l'autre rive de la Méditerranée évoque symboliquement celui de vie à trépas.</p>

<p>A ce "presque beau", à ce "pont délavé" s'opposent les trois refrains centrés sur la destination, sur l'Algérie elle-même, et sur "l'éblouissement" que ressent le jeune conscrit au premier contact avec ce pays, devant "l'azur" écrasant du ciel algérois, devant cet "horizon" nouveau pour lui. La chanson ne parle pas de "guerre",  mais pudiquement d'une "aventure" où ces jeunes garçons "jouaient" aux "petits" soldats. Il est vrai que dans les années 70, cet épisode de notre passé était encore proche. D'ailleurs l'histoire officielle ne parlait encore que "d'événements". Mais Serge Lama ne se soucie pas d'écrire une chanson polémique, engagée politiquement. Il ne se range ni du côté des partisans ni des adversaires de cette guerre. Peu lui importe qu'on soit "avec ou sans fusil".</p>

<p>Il suggère au contraire qu'au-delà de cette polémique, s'impose une évidence, à l'image de "l'éblouissement" que procure ce ciel algérois  : la France n'était pas chez elle, elle occupait un pays, différent et proche à la fois. On peut regretter que les Algériens eux-mêmes soient absents de cette description : la chanson ne les met pas en scène, elle s'attache simplement aux paysages dont elle souligne la beauté. Mais on devine néanmoins la proximité méridionale et maternelle que le jeune soldat retrouve dans ces rues où "draps et serviettes séchaient aux balcons". Devant tant de luminosité et finalement de proximité, l'auteur rejette toute l'absurdité de cette "aventure". Cette absurdité d'un conflit auxquels ses protagonistes eux-mêmes étaient <em>étrangers</em> prend ainsi une dimension presque <em>camusienne</em>. Et au final, l'auteur scande, appuyé par le rythme ternaire et majestueux de ses alexandrins, que "l'Algérie, ça reste un beau pays, l'Algérie".</p>

<blockquote><p>
Dans ce port nous étions des milliers de garçons<br />
Nous n'avions pas le coeur à chanter des chansons<br />
L'aurore était légère, il faisait presque beau<br />
C'était la première fois que je prenais le bateau<br />
<br />
L'Algérie<br />
Ecrasée par l'azur<br />
C'était une aventure<br />
Dont on ne voulait pas<br />
L'Algérie<br />
Du désert à Blida<br />
C'est là qu'on est parti<br />
Jouer les p'tits soldats<br />
Aux balcons séchaient draps et serviettes<br />
Comme en Italie<br />
On prenait des vieux trains à banquettes<br />
On était mal assis<br />
L'Algérie<br />
Même avec un fusil<br />
C'était un beau pays<br />
L'Algérie<br />
<br />
Ce n'était pas un port à faire du mélo<br />
Et pourtant je vous jure que j'avais le coeur gros<br />
Quand on a vu le quai s'éloigner, s'éloigner,<br />
Y en a qui n'ont pas pu s'empêcher de pleurer<br />
<br />
L'Algérie<br />
Ecrasée par l'azur<br />
C'était une aventure<br />
Dont on ne voulait pas<br />
L'Algérie<br />
Du désert à Blida<br />
C'est là qu'on est parti<br />
Jouer les p'tits soldats<br />
Nos fiancées nous écrivaient des lettres<br />
Avec des mots menteurs<br />
Le soir on grillait des cigarettes<br />
Afin d'avoir moins peur<br />
L'Algérie<br />
Même avec un fusil<br />
C'était un beau pays<br />
L'Algérie<br />
<br />
Un port ce n'est qu'un port, mais dans mes souvenirs<br />
Certains soirs malgré mois je me vois revenir<br />
Sur le pont délavé de ce bateau prison<br />
Quand Alger m'a souri au bout de l'horizon<br />
<br />
L'Algérie<br />
Ecrasée par l'azur<br />
C'était une aventure<br />
Dont je ne voulais pas<br />
L'Algérie<br />
Du désert à Blida<br />
C'est là que j'étais parti<br />
Jouer les p'tits soldats<br />
Un beau jour je raconterai l'histoire<br />
A mes petits enfants<br />
Du voyage où notre seule gloire<br />
C'était d'avoir vingt ans<br />
L'Algérie<br />
Avec ou sans fusil<br />
Ca reste un beau pays
</p></blockquote>

<p>Paroles : Serge Lama, musique : Alice Dona</p>

<p>Au sujet de cette chanson, consulter aussi les liens suivants :</p>
<ul>
<li><a href="http://westminsterresearch.wmin.ac.uk/140/01/Bray_2002_final.pdf">Etude sur la chanson populaire en France au temps des colonies</a></li>
<li><a href="http://www.epra.net/fiche.php?from=list&amp;id=1071&amp;numero=3&amp;PHPSESSID=5fcf621174bb97869242e5e9fd7fb84c">Une chanson pour l'Algérie, émission de Radio RCT dans laquelle Serge Lama est interviewé</a></li>
<li><a href="http://museesergelama.hautetfort.com/archive/2007/01/13/serge-lama-parle-de-sa-chanson-l-algerie.html">Evocation de cette chanson par Serge Lama parue dans Pleine Vie de janvier 2002 et reprise sur "Le petit musée Serge Lama"</a></li>
</ul> ]]></description> 
<guid>http://gral.ovh.org/blog/index.htm#BlogID25</guid>
</item> 
 
<item> 
<title>La Figuration narrative à l'Hospice Comtesse</title> 
<link>http://gral.ovh.org/blog/</link>
<pubDate>Mon, 29 Oct 2007 22:13:21 +0100</pubDate>
<description><![CDATA[ <a id="BlogID24" name="BlogID24"></a><img src="http://gral.ovh.org/blog/media/figuration-narrative.jpg" alt="La figuration narrative" class="illustration" />

<p>Je suis allé ce jour visiter l'exposition sur la Figuration narrative, qui se tient à l'Hospice Comtesse de Lille jusqu'au 12 décembre 2007. La <a href="http://www.fondationddn.com/">fondation Demeures du Nord</a> est à l'initiative de cette exposition, dans sa volonté de permettre à un large public d'accéder gratuitement à des courants majeurs de la peinture du XXe siècle.</p>

<p>La figuration narrative est née dans les années 60. C'est un peu la réaction française à l'abstraction qui dominait l'art pictural dans ces années-là. Elle se caractérise par un retour à la figuration, sans pour autant renouer avec la représentation réaliste qui prévalait jusqu'à la fin du XIXe siècle.</p>

<p>Dans la figuration narrative, les artistes empruntent des éléments au réel, pour les agencer dans des constructions qui n'aboutissent pas à une représentation purement réaliste, mais qui <em>racontent</em> au spectateur leur perception de la vie quotidienne, économique et politique de l'époque, apogée des Trente glorieuses mais aussi de la Guerre froide. Pour cela, ils empruntent des techniques issues de la photographie, de la publicité ou de la bande dessinée</p>

<p>Quelques oeuvres qui m'ont particulièrement "tapé dans l'oeil" : Erro, <cite lang="en">Carscape</cite> : évocation de l'abondance de l'automobile dans notre société ; Guyomard, <cite>La Cheminée trottante</cite> : à la manière d'un dessin d'enfant ; Alain Jacquet, <cite>Le déjeuner sur l'herbe</cite> : un <span lang="en">remake</span> de l'oeuvre de Manet à partir de points de couleurs peints sur des couches vitrées superposées ; Monory, <cite>Meurtre 6</cite>  : un univers froid et bleuté où le tableau lui-même est criblé par les impacts des balles ; Télémaque, <cite>Le garçon voit rouge</cite> : comme une allégorie de la vie à l'air libre à travers le camping.</p>

<p>Le <a href="http://www.figuration-narrative2007.com/">site officiel de l'exposition</a> propose quelques reproductions de tableaux et toutes les informations utiles. Lire aussi  au sujet de cette expo <a href="http://www.lavoixdunord.fr/journal/VDN/2007/10/31/REGION/ART826541.phtml">cet article de La Voix du Nord</a> et <a href="http://www.nordeclair.fr/journal/NE/2007/11/02/BONSPLANS/ART241926.phtml">celui-ci paru dans Nord-Eclair</a>. Des blogs en parlent également : <a href="http://jaimepaslart.blogspot.com/2007/10/figuration-narrative.html">J'aime pas l'Art</a> (mon oeil ;-) ; <a href="http://chtipich.blogspot.com/2007/11/la-figuration-narrative.html">Les Ch'tis Pichonat</a> ou encore <a href="http://brucetv.canalblog.com/archives/2007/08/19/5930981.html">Bruce TV</a>.</p> ]]></description> 
<guid>http://gral.ovh.org/blog/index.htm#BlogID24</guid>
</item> 
 
<item> 
<title>Des mots et des accords d'accordéon</title> 
<link>http://gral.ovh.org/blog/</link>
<pubDate>Mon, 26 Feb 2007 20:56:22 +0100</pubDate>
<description><![CDATA[ <a id="BlogID18" name="BlogID18"></a><p>C'est presque une mini-tournée dans le Nord que Serge Lama vient d'achever à Hénin-Beaumont, hier 25 février, après Bully-les-Mines la veille et Saint-Amand-les-Eaux juste avant. Quatre ans que l'artiste transporte ce spectacle voix-accordéon dans les salles des plus petites villes de France et d'ailleurs : lorsqu'il explique qu'il a souhaité aller à la rencontre de son public au plus près de chez lui, ça n'est pas un vain mot.</p>

<p>J'ai déjà vu <cite>Accordéonissimots</cite> une première fois en mars 2006. J'ai depuis visionné le DVD dans tous les sens, écouté le CD en boucle pendant des heures. J'aurais pu réciter le programme du spectacle par coeur avant que ne s'allument les diodes de l'accordéon midi de Sergio Tomassi, sur les premières notes des <cite>Ballons rouges</cite>. Et pourtant, dès que l'artiste apparaît sur scène, la force du spectacle vivant emporte tout... et pour ma part me rend mon âme de gosse de 15 ans.</p>

<p>Les première chansons sont presque dites plutôt que chantées. Comme si l'interprète souhaitait engager le dialogue avec son public, ou plutôt l'inviter à prêter une égale attention aux <em>notes et aux mots</em>. Les titres s'enchaînent ensuite, dans une valse incessante de trilles d'accordéon, de couplets chargés d'émotion ou de refrains plein d'entrain. Le tout ponctué d'incontournables... exquis mots !</p>

<p>Des enchaînements auxquels je n'avais jusqu'alors guère prêté attention prenaient hier soir un relief très particulier. Ainsi, <cite>Devenir vieux</cite> auquel fait suite <cite>Je t'aime à la folie</cite>. Au terme de ce mois anniversaire, la première chanson laisse un léger pincement au coeur, immédiatement balayé par la jubilation interminable que libère la seconde, reprise crescendo et ad libitum avec le public. 433 dates en 4 ans, il faut effectivement "l'aimer à la folie, la vie".</p>

<p>De même, <cite>L'esclave</cite> puis <cite>La salle de bain</cite>, double évocation du désir libidinal, ne s'écoutent plus de la même oreille depuis la publication de <cite>Sentiment Sexe Solitude</cite>. Ces deux titres accolés rappellent inévitablement les tableaux sensuels ou affriolants, les jeux d'envoûtement et de domination mis en mots par ce recueil de courts poèmes.</p>

<p>D'autres chansons encore, parce qu'elles entrent en résonnance avec des préoccupations récentes de la vie de chacun, se chargent d'une émotion nouvelle et accrue. <cite>L'enfant au piano</cite>, hier soir, m'a cloué sur ma chaise, les jambes tétanisées et la gorge serrée.</p>

<p>Faute de temps probablement, Serge Lama n'est pas revenu après le dernier rappel, pour interpréter <cite>Star</cite> ou encore <cite>La vie simple et tranquille</cite>. Il n'a pas non plus accordé de séance de dédicaces. Mais qu'importe ! On quitte la salle lentement, la tête dans les étoiles du ciel d'hiver, et on se dit que "tout ça, tout ça, ce sera jamais, jamais fini."</p>
 ]]></description> 
<guid>http://gral.ovh.org/blog/index.htm#BlogID18</guid>
</item> 
 
<item> 
<title>De Bruges à Gand</title> 
<link>http://gral.ovh.org/blog/</link>
<pubDate>Sun, 11 Feb 2007 20:57:05 +0100</pubDate>
<description><![CDATA[ <a id="BlogID19" name="BlogID19"></a><p>Petite promenade dominicale  à Bruges. L'odeur des gaufres chaudes, les formes et les couleurs des maisons, dans le prisme de l'hiver ou de l'eau des canaux, les conversations des passants aux germaniques accents, autant de choses qui nous transportent dans l'univers du Grand Jacques ou dans celui de Dick Annegarn, à quelques encablures de la maison.</p>

<img src="http://gral.ovh.org/blog/media/bruges1.jpg" alt="Canal à Bruges" width="500" height="375" />

<p>Canal à Bruges, 4 février 2007</p>

<img src="http://gral.ovh.org/blog/media/bruges2.jpg" alt="Grand Place de Bruges" width="500" height="375" />

<p>Grand Place de Bruges, 4 février 2007</p> ]]></description> 
<guid>http://gral.ovh.org/blog/index.htm#BlogID19</guid>
</item> 
 
<item> 
<title>Carnaval</title> 
<link>http://gral.ovh.org/blog/</link>
<pubDate>Fri, 02 Feb 2007 20:57:33 +0100</pubDate>
<description><![CDATA[ <a id="BlogID20" name="BlogID20"></a><img src="http://gral.ovh.org/blog/media/carnaval-dunkerque.jpg" alt="Carnaval dunkerquois - Bande de Ghyvelde" width="500" height="375" />

<p>Bande de Ghyvelde, 14 janvier 2007</p>

<p>Tandis les masques s'affichent fièrement sur les visages, les barrières sociales tombent et les mains se tendent dans le chahut des "bandes". Merveilleux moment de chaleur et de couleur dans une courte journée d'hiver.
</p>
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</item> 
 
<item> 
<title>Passagère apesanteur</title> 
<link>http://gral.ovh.org/blog/</link>
<pubDate>Sat, 27 Jan 2007 20:51:15 +0100</pubDate>
<description><![CDATA[ <a id="BlogID14" name="BlogID14"></a><blockquote><p>
"Il y a, par les soirs embrasés,<br />
D'été, des milliers de baisers,<br />
Qui zigzaguent à tire-d'aile,<br />
On les nomme des hirondelles ;<br />
Les vols fous qu'on les voit oser<br />
Sur la peau des ciels médusés<br />
Font dans nos yeux des étincelles ;<br />
Puis la lourde nuit s'écrase et<br />
Voici les étoiles cruelles..."<br />
</p></blockquote>

<cite>Serge Lama, Sentiment Sexe Solitude</cite>

<p>
La chanson et la poésie livrent parfois en matière de sentiment amoureux des métaphores d'une étonnante beauté. Ainsi "l'amour est cerise" pour Jean Ferrat. De même dans ce poème, Serge Lama donne aux baisers le nom d'hirondelles. De fait, lèvres et hirondelles partagent les mêmes formes galbées et charnues, et l'hirondelle symbolise aussi la fidélité en amour. On songe en lisant ces vers à de jeunes tourtereaux éperdument épris, au paroxisme de leur passion (c'est "l'été"), qu'aucune déraison ("les vols fous"), aucune audace ("qu'on les voit oser" ; "ciels médusés") ne peut arrêter. En toile de fond, la couleur rougeoyante du crépuscule, les "étincelles" dans les yeux, de même que la proximité sonore du verbe "embraser" avec "embrasser", soulignent cet amour flamboyant. Mais la passion ne dure jamais. Et brutalement, dans les deux derniers vers, les hirondelles laissent place aux "étoiles cruelles", l'apesanteur à l'écrasement, la clarté à la nuit / l'ennui, et la fusion des lèvres à la <em>solitude</em> des âmes. Le tableau s'inverse brusquement dans une exacte symétrie : au présentatif initial "il y a" fait écho "voici" ; au rejet des deux premiers vers ("soirs embrasés / D'été") correspond le contre-rejet des deux derniers ( "Et / Voici les étoiles cruelles" ). Etoiles cruelles que même les points de suspension finaux fixent sur la page, comme une constellation organisée et figée à jamais, là où les hirondelles décrivaient leurs "zigzags" aléatoires et éphémères.</p>
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